March 12, 2013

Such Sweet Nothing*

"Tant du point de vue du corps et de l'esprit, ces Hommes sont enfantins et se jouent puérilement de l'amour. Ça les rendait plus pathétiquement cons à en faire pleurer un bébé. Ils sont aussi nuisibles qu'invisibles. Ils ruinent la sensibilité des plus ouverts d'esprit qui font de l'amour et de l'humanisme la Gloire promise d'un peu d'esprit et d'un peu de coeur.

"Un être n'est semblable à un autre 'extra-terrêtre' qu'en sa capacité d'amour en puissance cachée, quelque part révoltée derrière des rideaux de fers, là où les guerres font rages et hurlent les armes coincées entre leurs côtes cassées.

"Je parle de cette douleur-là dont le lien sacré les unis par les lois synthétiques de la liberté des langages. La poésie arrive encore à peine à célébrer la parole non-censurée des aveux couchés sur le papier ; elle trouve toujours un moyen de pardonner non sans laisser de traces misérables et des cicatrices.

"L'humilité et l’exigence mêmes de la guérison pénétreront les âmes et je les ferai pleurer jusqu'à la fin de l'existence de chacun de leur atome"

*suite au titre : Calvin Harris feat. Florence Welch "Sweet Nothing"

March 6, 2013

portrait/introspection et rêve perméable

Elle se dit qu'il fait bon de se mettre à nu quand le monde prétend la voir mais ne la regarde pas. Elle sourit bêtement en pensant à ces anonymes qui traversent les rues obstruées par de lourds manteaux de fourrures diverses et synthétiques, ces longs costumes perméables qui se vendent et se présentent en de multiples devinettes. Celui-ci, qui regarde le dernier téléphone sorti hier sur le marché, se demande probablement si la couleur de la coque ira bien avec ses chaussures à talons pailletés rétro-éclairants. L'autre là-bas choisit méticuleusement le parfum qui selon Coco Chanel lui donnera un avenir certain, sans encombre et sans fioriture autre que le seul choix de la fragrance qui saura imposer aux regards du patron, l'assurance mal habitée d'une femme obsédée par la chaleur des compliments et des bouquets garnis après avoir vendu plus de cinquante contrats pour sa compagnie. Coralie lisait la fierté que renferme les fausses habitudes des gens. Les jours de pluie, plus personne, il faut se cacher dans son intérieur tout confort et ne sortir que les jours de foule. Il faut se montrer ; rendons-nous plus visible pour avoir encore plus à ne plus savoir quoi en foutre. Elle réalise de plus en plus à quel point son oeil aiguisé jugeait sur pièce le moindre support médiatique et ses messages cachés. Cependant, elle avance les poings dans les poches crevées en se disant qu'elle ne sombrait pas dans la paranoïa. Ainsi s'offraient à elle, l'expérience des mots et le choc des individualités dans un mélange d'esprit critique et d'auto-dérision. Elle se sait sage et humble. Elle avance dans la vie la tête haute.

March 1, 2013

Drôle de nouvelle...


 Il surfait sur le net et se rendait compte qu'il déambulait sans vraiment le vouloir, sans vraiment le savoir, ni sans connaître les raisons qui le poussaient à être là... Il se contentait de cliquer et de taper du texte dans le net. Puis un jour pas fait comme un autre, il ressent le besoin de laisser une sorte d'empreinte comme pour accélérer un processus obscure que lui même se savait de quelle manière définir. Il errait en simple monsieur tout le monde sur les vagues du web. Chat, mails, google & Co.. Rien ne lui échappait. Un viol à la Maison Blanche? Un typhon au Japon? Le dernier virus à la mode fait des ravages? Il était sur tous les coups. Et il ne croyait en rien tout ce qu'il lisait. Saint Thomas était chez lui le plus sage des aveugles et le plus con des intellectuels. Dès que tout le monde était bourré, il ramenait sa fraise pour dire des conneries et quand il était lui-même éméché, il serait d'autant plus appréciable de ne rien développer sur ce sujet... C'était un gars normal, comme tout le monde. Rien de bien méchant mais pas futé non-plus. Pas plus con qu'un autre mais il a toujours raison dans ce qu'il ressent. Là dessus, il était imbattable. Une émotion, un brun de souffle coupé au beau milieu d'un adieu d'aéroport que personne ne voit sauf lui, il respirait en secret un air qui lui donna l'hélium et les vapeurs d'angoisse de la vie jour et nuit que sa main lui insuffla l'idée de dépeindre en émotions épileptiques couchées sur le papier.
Le matin, il passait des heures à recouvrer les mémoires inventées au cours de son sommeil dit-paradoxal mais encore plus secret et de loin plus ultime que cette part en nous qui dort profondément si ce n'est d'avoir l'envie la plus intime et la plus profane de vouloir réveiller et décrire la moindre sensation et la moindre chose que cette part renferme en nous. Parfois, par trop de pression, elle se perfore comme du bois sec et pourri et gicle en lacs donnant des formes les plus humaines à un mélange de rien, de médiocre et d'esclave ; cet acte volontaire de notre inconscient n'est perméable de temps en temps qu'au plus malin des idiots qui ne terminent pas l'école. "L'on dit des génies qu'ils sont précoces mais nul besoin de vous raconter la vie d'Einstein... Le pauvre, quand on sait où ça a mené le monde, il doit bien être en train de errer entre les couloirs du temps le bichon." Voilà. Tout ça, il l'imaginait. C'est dense et lourd mais il y met ses tripes et si vous le lancer sur le sujet, il vous dirait probablement avec exactitude le moindre frisson et la moindre décharge électrique qui l'animaient.
Dans son crâne qu'un fin filet de lumière coupe en diagonale, il imagine des cosmos, la vie des autres, les rêves éveillé et le goût de la contemplation. Il créait des petites légendes, des récits originels et autre principe anthropique.

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Il ouvrit lentement les yeux et fut éblouit par des étincelles de plus en plus lumineuses en forme de petits bâtons et de cônes multicolores. Tout ce phénomène d'osmose inverse roulait comme un montage en super 8 dans sa cervelle en toile cirée ; des notes de jazz sortaient des oreilles de couples se faisant face. Un voile brumeux enroulé autour des nerfs optiques, la scène prit une forme plus nette avec, au premier plan, une ombre qui contrastait avec le décor chaleureux qui rayonnait autour de ses traits fins. Une femme. « Bonjour. Je m'appelle Julie. J'ai trente cinq ans. »

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Trois battements de phrases : POUM-POUM-TCHACK ! Le réflexe miraculeux qui opère et génère le secret de nos origines ; les joies du couple moderne inter-connecté sur les sites de rencontres. Julie s'en voulait déjà d'être venue à ce speed dating ; elle prit conscience du désintérêt que cet inconnu ressentait à son égard. Il ne la regardait même pas. Il était ailleurs. N'était-elle pas pourtant jolie dans sa petite robe fendue et ses talons haut en fer forgé qui lui cassaient le dos en deux ? Elle commençait à rager et voulait s'enfuir plus que jamais. Elle s'était humiliée toute seule en venant ici.

February 18, 2013

Dis-moi !


Dans la méga-cité – ô merveilles ! – les néons de travers, tu traces ton dessein, petit bout d'évasion, tu effleures du bout de la langue le béton qui goûte comme un vieux phare perdu en mer. Tu éclaires ta propre destination.

Je pense à toi en rêve éveillé en marchant dans les rues bondées, un sourire en coin. Tu ressembles à ce rêve que j'ai fait autrefois, que j'ai fait tant de fois, que j'ai fait avec toi ! Dis, on le refera ? On le refera ? Allez ! Dis-le, qu'on le refera !

Je me perdais dans les allées sombres comme tes yeux qui perlent le noir des mers de Chine. Oh victoire ! Tu me donnes la main. Tant de beauté dans un geste. Poésie incarnée que je bois à même tes paumes. Prisonnier de tes reins, que c'était bon ! Nous nous embrasons et dans nos cendres nous nous réveillons, fumigènes, volupté. Jure, qu'on le refera !

Devant nous, il y avait ce vide inconnu. Les vertiges et la peur de ne plus pouvoir faire qu'un. Perdus dans les soirées, entre la bouteille de rhum et les paquets de tabac, nous nous sentions seuls au milieu de tous ces gens qui ne se doutaient de rien. Nos corps n'en pouvaient plus de tant de secrets, que j'ai fait avec toi, qui nous poussaient aux bords des grands ponts de la city, main dans la main, prêts pour le grand saut. Dis, on le refera ?

February 17, 2013

Mélo-drama-Queen-Jay-Aime T.


Je m’éteignis la nuit du 31 mai au Premier juin 2011 suite à une dispute avec la vie.

Été 2010, c'était au mois d'août à Dijon, ma ville adoptée. Je venais de rencontrer Florent. Le soleil illuminait de beaux jours radieux. Je dormais à droite à gauche, chez des amis mais principalement chez mon amoureux. Nous promenions son chien et profitions du temps qu'il nous restait ; ce temps que l'on savait si moche et sale mais contre qui personne ne peut se battre. Il vint aux aurores de mon départ qui flottait sous nos épidermes encore vibrants de notre dernière nuit d'amour. Il m'emmena à la gare. Il s'empêchait de pleurer et j'avais honte de mes cascades d'eau de mer. Mes larmes ne faisait qu'encourager le désastre de la séparation. « On va jouer à un jeu, » me dit-il, courageux de briser le silence des minutes qui s'efforçaient de maintenir mon cœur en vie. « La prochaine fois que l'on se reverra, ce sera lorsque tu seras arrivé de l'autre côté de l'océan. » Je fis oui de la tête avec cet écho d'orchestre qui s'échauffait avant le levé du rideau ; j'entendais déjà l'annonce de la fermeture des portes des voitures qui, une à une, claquèrent comme pour se moquer de mon malheur. L'instant d'après je retenais mes larmes à l'aéroport dos à la France, les yeux bandés, ignorant tout de ce qui se passerait sans moi. Le voyage fut long, fastidieux, sans nicotine, solitaire ; en un mot traumatique. J'arrivais ensuite en terre austère et fus bringuebalé dans un appartement avec un italien dont le pantalon flambait à chaque fois qu'il rencontrait un fille et dont l'adultère ne lui faisait pas froid aux yeux pour fuir une maison pleine à craquer d'une poignée féroce de mauvaises personnes. Je récoltais des graines de petits sourires et des merveilles à Boston et à New-York. J'écrasais mes mégots sur Montrose Avenue, à Times Square, sur Broadway et devant l'entrée de l’Hôtel de Glace à Québec City quand je songeais à Central Park et au Lincoln Tunnel. Je gagnais du terrain sur le continent nord-américain au Québec de Michelle Lalonde en passant par la case « caraïbes » à Fort-de-France.

Mes jours heureux à Colgate arrivèrent avec une sensation de vertige comme lorsque l'on tombe d'une chaise avec l'entrée en scène de celui qui me fit oublier mon aimé laissé au pays et nos adieux irrévocables. Mon existence se plaqua contre les parois de mes veines quand mon sang se mit à faire demi-tour. La radiation d'un éclat de rire me révéla vaillant et guéri de toutes mes blessures. Je pouvais sentir en moi cette sensation de chair qui se rétracte quand le froid nous saisit. Mes plaies se refermaient à vue d’œil et mon visage transperça tous les cœurs et les cieux gris. Mon élan de résurrection écarta les nuages et fit fondre les neiges. Je noyais ma peine dans le bonheur. Karl fut la muse de mon deuil amoureux. Nous ne faisions qu'un sous les draps. L'amour infini/L'extase m'était monté/e dans l'âme. J'aimais de nouveau la vie comme personne avec un compagnon dont la voix semblable à ce qui fascine dans le miraculeux des écrits sacrés/celle d'un dieu me disait qu'elle m'aimait sans limite et sans âge. Je ne trouvais pas les mots pour décrire pareil atome d'espoir.

Puis la vie me tourna le dos ; elle s'appelle « la mort » quand elle jalouse les misères et les joies du monde et juge à tort de les reprendre. Vint le jour où mon cœur fut arraché de force par la main unanime de tous les diables, Karl partit pour New-York City et je restais seul et inconsolable dans ma grande maison au 36 College Street à Hamilton. Sans même prendre le temps de pleurer, je me retrouvais dans l'avion qui me ramena en France et je le haïssais de toute mon existence. J’atterris à la maison, et pris mon mal en patience avant de retrouver Dijon, remplies de visages amis que mes histoires n'intéressaient pas que me trouvaient bien différent. Il y avait dans l'air comme une odeur d'absent qui obsède l'instant présent ; cette odeur dégueulasse qui rappelle ceux qui ne peuvent être auprès de vous ; Karl n'était plus là et dès lors que sa voix résonnait dans ma cervelle épuisée, mon cœur s'emballait comme pour annoncer le finale de cet orchestre invisible qui vibrait à tout rompre quand ma tête explosa et gicla sur tous les trottoirs de ma vie manquée retrouvée et qui me haïssait. Ma gorge se tordait dans tous les sens puis il me fut incapable d'exprimer ma frustration et mon envie d'en finir avec ce malaise. Insaisissable

J'étais mort et j'aimais à penser que mon âme s'était envolée là où elle pourrait enfin trouver le salut ; je me mis en tête d'écrire un jour le suicide qui s'opéra en moi ; je passais des jours dos au mur, à marcher jusqu'à en pleurer, à regarder de haut une page blanche posée sur mon bureau quand je compris qu'il fallait que je parte à la recherche de toutes les émotions qui m'était passées à travers le cœur pour revivre et retranscrire les proses anatomiques qui firent battre en moi ce que j'écris à présent.


February 9, 2013

Ne jamais se taire #1

La lumière du hall d'entrée laisse entrevoir un visage tuméfié paré de pansements çà et là. "Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- J'ai dit tout haut ce que je pensais tout bas.
- T'es con tu sais. Raconte.
- Non mais y  rien à raconter.
- Dsi toujours.
- Tu veux vraiment savoir ? On m'a demandé une cigarette.
- Mais encore...
- Rien. J'ai dis non. Le gars s'est énervé.
- Mais tu n'as pas appelé la police.
- Pour quoi faire ?
- Quelle tête de pioche ! Tu te rend compte que ça aurait pu être pire.
- Tu sais, je m'en fous pas mal.
- Tu t'es soigné tout seul ?
- Non, je suis allé aux urgences.
- Et là-bas, tu leur as dit quoi ?
- Que j'avais refusé de donner une cigarette.
- T'es vraiment trop con. Mais au final, c'est quoi c't'histoire de dire tout haut ce que tu penses tout bas.
- Tu m'connais. Le gars m'a demandé pourquoi et j'ai répondu un truc aussi absurde que sa question à la con.
- Tu lui as dit quoi ?
- Et pourquoi toi t'en as pas ?
- Ouais j'imagine que ça a dû l'exciter.
- Précisément.
- Bon tu veux un thé ?
- Avec de l'aspirine s'il te plaît. J'déguste encore pas mal.
- Mais ça va allé ?
- Non. Je peux rester pour la nuit ?
- Bien sûr.
- Cool."

en vrac...

Ça va, ça vient. J'ai des scènes, des images, des personnes et l'idée et les intentions que je m'en fais et leur impose prend le pas sur la vue de l'esprit et de la main qui souhaite les accoucher sur le papier. alors je fais des tâches, je leur invente d'autres intentions dans un monde qui les obsède et qui parfois les rend obscènes et grotesques, drôles et attendrissants.

Dans ce monde intérieur qui le mien t la représentation du réel que je m'en fais, je m'atèle à le transformer en un monde emprunté dont les seules limites sont les différents degré que mes personnages attribuent à leur environnement peut-être trop hostile, parfois.


Un journal donc...

C'est une première. Je viens de me rendre compte que ce blog s'appelle "Journal de Jay-Aime Tea". Ça signifie que des articles de nouvelles, de news, de quoi-que-ce-soit. Et ces jours-ci, ce n'est pas l'envie de dire ce que je ressens qui manque, bien au contraire. Je suis encore dans "l'aftermath" d'une période plutôt obscure à l'aube de mon premier quart de siècle. J'ai plombé mes études, chose qui m'étonne encore un peu mais qui me rend à la fois euphorique et triste et angoissé à la fois. Tout un mystère. C'est la fin d'un cycle, une page qui se tourne comme on dit. Cependant, quand l'usage des formules consacrées prend le pas sur le constat du présent, l'état d'âme est le suivant : faut qu'ça bouge !

Je suis actuellement en weekend à Strasbourg chez une pote et je ne puis caché mon envie de gueuler "Putain que ça fait du bien de changer d'air!" Rien en vaut une virée, tourner le dos au quotidien et embrasser le hasard d'une ville inconnue. Il y a aussi ce constat... Je me sens plus à l'aise avec des personnes plus âgées que moi. J'ai moins de gêne à exprimer mes doutes et à raconter qui je suis qu'à des personnes "de mon âge". Peur d'être incompris ? J'en sais rien. Je ne me sens pas plus en confiance que ça entouré de personnes que je sens obscures et étrangères à mes états d'âme.  Pas si mystérieux que ça donc. Je viens d'arrêter mes études et donc, mon entourage qui lui reste dans cette dynamique de parcours universitaire et/ou de boulots à temps partiel/plein me paraît tout aussi inaccessible en quelque sorte. Que de converser avec des sages d'un autre temps aguerris de leur époque m'enchante plus n'est plus de l'ordre du mystère. Je suis de ceux qui se tourne vers les expérimentés et les conseillers, les oreilles bienveillantes. Je patauge là...

L'ère du changement à sonné ; celle de mes idéologies et des compromis dans la foulée raisonne de plus belle. Je bouge les meubles de mon appartement. Je remonte mon bureau. Je trie mes bouquins. Je réorganise mon ordinateur. Je réinvestis ma machine à écrire et mes carnets et mes journaux et mes notes de bouquins. Je fais briquer la faillance. Mes vitres disparaissent et ce confondent avec les toits et les parcs dijonnais. En bref, je me fais un petit cocon. Après le ménage, on établit des objectifs... Deux pointent le bout de leur nez : trouver un boulot AU PLUS VITE & me concentrer sur / pactiser avec mon écriture. 

La suite au prochain numéro...

January 28, 2013

Il n'y a qu'un pas...

L'inconnu, c'est ce mouvement qui hante le bruit des pas de l'acteur quand il entre en scène. L'inconnu, c'est ce déploiement presque magique d'apparition de pan mouvant de réel. Il vibre en suspens dans les airs qui s'entrechoquent et grelotte de terreur. L'assurance du pas qui ose s'introduire en zone d'illusion doit conserver toute sa contenance au point d'être capable d'incarner la surprise et l'artifice du jeu sous toutes ses formes ; intonations et démarches empruntées, travestisme et autres maquillages biens pansés sous la plaie ouverte du regard qui demande à être submergé pour mieux se raidir et se figer d'effroi, d'émoi en s'oubliant dans la nature morte qu'il observe en bon voyeur. L'inconnu, ce doux fantôme niché dans les cordes et les rideaux. C'est celui qui autorise le passage entre le réel et l'illusion contre quelques doses de lucidité à l'actant, à l'intrus qui s'impose sur un espace scénique et donc sacré. L'expression consacrée qui dit « il n'y a qu'un pas... » prend à présent tout son sens grave et solennel.

ça va ça vient #1


 Tout est dans le contrôle. Tout est dans la subtilité de la hâte gênée. La vraie force d'être, c'est de faire confiance à l'inconnu. Thomas s'enfonce dans les rues glacées de Dijon, direction les castings. Léa se réveille en retard, enfile une robe d'été et orne son cou d'un carré de soie ; elle prendra un café à emporter sur la route. L'air sérieux il arpente des rues inventées qu'il ne connaissait pas. Curieux et téméraire, il pousse une porte entrouverte. Elle fait signe à un taxi et se laisse glisser sur le périph'. Il entre.
- Monsieur T. ?
- Oui.
- Enchanté.Le jury va vous recevoir dans 5.
- Très bien.
Elle frappe. L'on lui ouvre la porte. Le jury l'applaudit. Elle irradie. Elle s'en moque. Thomas rentre chez lui sans attendre le verdict. Il n'y a jamais qu'une seule place à gagner.

Luka se lève. Il roule un joint que Samuel fume. Ils font l'amour, prennent leur douche ensemble et le micro-onde leur apporte le café. Ils abusent des minutes qui leur restent, s'embrase d'un doux baisers sur le front et partent au boulot. Luka prétendra « Merci. Bonne journée à vous. A bientôt. » Être caissier, encaissé l'humeur des gens à ne plus savoir quoi en foutre. Samuel jouera sur son smartphone en attendant que le tram l'emmène à destination. Ils pensent l'un à l'autre le cœur léger. Luka prend une pause. Samuel l'appelle. C'est encore mieux qu'un p'tit café bien serré. « Courage ! On se revoit bientôt. » Le soir venu, devant une bonne pizza et quelques bières, ils regardent une série en V.O. non sous-titrée américaine ou suédoise.

Florent se lève tôt et se couche tard. Son pote Jimmy l'appelle de bonne humeur, l'invite à prendre le thé. Joints et compagnie se joignent à ce festin de rois. Enivrés de pollen et de fruits frais, ils regorgent d'imagination les pieds et poings cloués au sol en écoutant des opéras.

January 27, 2013

Un plan d'action...

Sur un banc.

- Puis-je te faire une confidence ?
- Bien sûr, qu'est-ce qu'il y a ?
- Je ne sais pas trop. Je me sens nostalgique. Il y a quelque chose qui me manque mais je ne saurais dire quoi. C'est comme si ça me grattait le ventre de l'intérieur.
- Euh... Ouais... mais genre, tu te sens bien ?
- Oui pourquoi ? J'ai dit nostalgique, il n'y a rien de déprimant la dedans.
- Non bien entendu, mais tu es sûr qu'il n'y a rien d'autre ?
- Si. Il y a ce vide en moi.
- Quel vide ?
- Je n'en sais rien. C'est une sensation à laquelle je n'arrive pas à rattacher le moindre souvenir.
- C'est-à-dire que quand tu y penses, tu ne ressens rien du tout, à cet endroit.  Il pointe son coeur


- C'est peut être ça. Je ne me sens le coeur à rien. Je me contente d'être et de me taire.

- Et pourtant, tu me parles, non ?
- Avec toi c'est différent. Tout semble évident. Tu me poses les bonnes questions. Tu as toujours été là pour moi. Je sais bien que je suis malade et que personne ne veut plus m'approcher.
- Ne dis pas des choses pareil. C'est absurde.
- Non, je sais bien que je suis mort d'une certaine façon, bien avant l'heure. Il me reste tant à voir.
- Donc il y a tout de même du positif dans tout cet bazar dans ta tête.
- Ce n'est pas dans ma tête. C'est dans mes nerfs.
- Tes nerfs.
- Oui.
- Explique.
- C'est comme si, dès que je me retrouve en compagnie de trop de personnes, tout mon corps saturait en décharges électrique et que mes nerfs irradiaient.
- Ouais, intense, quoi.
- Non, plus encore.
- Hmm...
- Le problème, c'est que je sais que je dois utiliser ces manifestations d'une certaine façon, je rêverais de les transposer, de les rendre visibles, vraies aux yeux de tous... Et c'est là que le vide s'installe de nouveau. Je me renferme sur moi-même et je n'ose sortir de ma coquille.
- Mais ce ne sont que des passades. Tu verras. Ca ira mieux. Je te le promets. Malheureusement, je dois partir. Mais je reviens te voir très bientôt.
- Oui, s'il te plaît. J'ai besoin de toi pour élaborer un plan.
- Un plan... ?
- Oui, un plan pour communiquer ce que je suis.
- Nous en reparlerons. Profite, d'un peu de détente en écoutant de la musique. Je t'ai apporté de nouveaux CDs. Tu les demanderas à tes infirmières.
- Merci.
- Allez, je dois vraiment y aller. A une prochaine.

Il pleure. Elle s'en va. 

January 23, 2013

C'est comme ça, c'est ainsi, tel quel.


 C'est un essai anti-formatage biographique et fictif à long terme sur les relations complexes que j'entretiens avec ma famille ; sorte de parcours obscur en surface mais qui se révèlera à lui-même à travers une introspection poussée peut être à l'extrême du fait que l'influence de la lecture et de l'écriture est centrale dans le rendu de tous ces liens apparents de la mémoire qui une fois couchée sur le papier à de maintes reprises, non sans en avoir payé le prix fort quand l'objectivité doit faire un détour par la folie des jours de dépression, saura rendre tout le potentiel de l'individu face à lui-même avec sa propre compréhension du monde qui l'entoure et avec pour seuls repères, son langage et sa propre vision de chaque chose en tout temps et en tout lieu.

Comment capturer l'instant quand l'esprit passe son temps à le distiller encore et encore ? Que reste-t-il d'un souvenir quand la main décide de l'écrire de telle ou telle autre manière ? La fiction a-t-elle sa place dans l'écriture de soi ? Comment vaincre l'auto-censure et la pudeur de celui qui se souvient et qui s'écrit ? Toutes ces questions resteront probablement sans réponse. L'écriture se voile elle-même quand l'acte lui-même se cherche et recherche les mots les plus justes pour révéler l'histoire d'une vie qui ne demande qu'à être plus sûre d'elle-même et plus présente. Tant de notions clefs et tant de portes à enfoncer restent à être découvertes tant dans l'écriture de soi que dans la lecture de soi.

“Qui suis-je et comment être le reflet de mes propres expériences quand l'on sait pertinemment que l'on n'est essentiellement témoin de sa propre vie quand l'acteur n'est autre que l'auteur ?”

La toile se peint au fur et à mesure des souvenirs narrés à travers les attentes et les regards qui ne nous appartiennent pas. Les mots choisis seront d'une neutralité intransigeante et d'une poésie unique en son genre. La forme du texte suivra les élans de nostalgie, de frustration – initié par un souvenir trop flou duquel l'on pense être pris au piège avant de se rendre compte que faire demi-tour, regarder plus loin encore en arrière nous permet davantage de nous projeter en avant et d'anticiper tout le reste – être sûr de soi. La maturité cherche à s'échapper du silence logé dans toutes les gorges nouées. La curiosité et la libération de soi à travers l'introspection et la recherche de soi pour soi en soi avec soi – un dialogue inintérompu entre le souvenir reconstruit et l'avenir rêvé. Quelles traces restent-t-il de notre passage dans le monde vivant où seule la loi du mouvement régit toute chose ? Ô temps suspends ton vol ! Arrêtons-nous un temps soit peu au détour d'une seconde de répi, assis dans le bus en direction du boulot, là où savoir être soi pour être ce que l'on est et ce que l'on fait relève du champ lexical de la survit si l'on ne veut pas dépérir dans un monde où l'on s'oublie trop.

Ne nous oublions pas mais rappelons-nous de qui nous sommes et d'où nous venons! Présentons-nous avec ce que nous sommes de plus entiers et de plus secret. Ne nous compromettons pas dans un dialogue de sourd universitaire, fraudeur de connaissances autres celles du regard introspectif. Enseignons le regard vers soi pour aller vers l'autre. Cassons les barrières figées de la pensée chrnologique et unique. Pensons-nous tous réellement de la même manière ? Parlons avec nos mots! Faisons de l'illettrisme, l'ennemi universelle numéro un! Célébrons le langage pour se parler et se communiquer. Que les classes et les communautés tombent et que la parole soit donnée à tous. Que les gardes fou de la pensée et de la parole au nom de tous se relèvent de leurs erreurs et qu'ils réalisent dans les rues et dans les gouvernement l'omission fondamentale qui les guida dans leur mauvais choix, le leadership n'existe pas. Nous nous guidons dans le regard de l'autre qui sait d'où il vient et où il veut aller, seul ou accompagné. Offrons-nous une chance vers une multitude de civilisations et d'opportunités pour un monde interconnecté au nom de la différence et du don de soi dans le regard toujours bienveillant de l'autre (pourquoi toujours bienveillant ? Car tout le monde pense qu'il a toujours raison quand il vient à court d'argument face à un individu qui pense différemment. Qui n'a jamais détourné son discours d'une conversation qui ne berçait pas ses propres illusions dans la fuite de la mise en regard et de la confrontation du soi vers l'autre.)